Sous-allonge : attention pathologie

jeudi 29 août 2013
par  _Jean-Eric_
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Introduction

A la veille d’une nouvelle saison, il est légitime de faire le point sur celle qui s’achève et de remettre à plat son matériel, sa technique... Egalement dans le cas où surviennent des douleurs qui virent si on y prend pas garde à la tendinite, il est tout aussi légitime de se poser des questions sur son allonge, son décocheur, sa puissance d’arc.

Dans les articles Suivi d’une tendinopathie de mon épaule d’arc (fin 17 juin 12) et surtout Bilan du traitement d’un tendinopathie d’épaule d’arc, j’ai fait le bilan d’une tendinite (insertion triceps au niveau de l’omoplate) liée à une sur-allonge. Dans l’article Changement de décocheur = modification du port de tête, j’ai également donné un exemple soulagement de tension cervicale par le biais d’un changement de posture de tête via le changement de décocheur. Enfin, les article sur le k-taping Physiothérapie "taping" et Rectification de posture : moins de douleurs... donne une idée de l’aide apportée par cette technique en association aux séances d’ostéopathie (ou étiopatie) pour la rectification de posture.

Dans cet article j’aimerai alerter l’archer lambda sur l’usage de la sous-allonge.

Certains archers de haut niveau comme Jesse Broadwater ont une posture avec le bras et l’avant-bras faisant un "V".

J’en parle à la fin de l’article.

La sous-allonge

Au préalable, ce que j’appelle par sous ou sur allonge se situe au niveau de +/-1cm par rapport à l’allonge idéale et dont les signes (douleurs) peuvent être rapidement identifiés. Bien entendu, le réglage fin de l’allonge qui permet le confort optimal se régle quasiment au mm prés, mais ce n’est pas mon propos ici.

Dans l’article (Bilan du traitement d’un tendinopathie d’épaule d’arc), j’ai relaté l’effet d’une sur-allonge menant à une tendinite principalement de l’insertion du triceps au niveau de l’omoplate (arrière de l’épaule d’arc). Cela s’explique par le fait que littéralement l’humerus tend à se décoller de son logement habituel et les tendons des extenseurs (ici triceps) essayent de rattraper le coup mais finissent par se lasser. La douleur survient et si on n’y ait pas habitué, cette douleur persistante s’installe, fait partie de l’entrainement mais c’est la tendinite ! (Nb : le triceps s’insérant également au niveau du coude (face externe), la douleur peut s’installer à ce niveau également.)

Donc on ait tenté à raccourcir l’allonge, et donc se pose la question de savoir jusqu’à quel point cela n’engendre pas des désordres. Je vais vous parler de mon expérience et Je l’ai faite valider par mon ostéopathe. Cela peut donc vous servir et en tous les cas à vous mettre sur vos gardes.

Si on garde les repères faciaux identiques avec généralement la corde posée sur le bout du nez et la main du décocheur proche de la commissure des lèvres, la sous-allonge (involontaire ou non-réfléchie) a pour conséquence mécanique de fermer (dans le plan horizontal) l’axe bras-avant bras sur l’axe des épaules si on tend le bras bien entendu . En effet, il faut simplement se représenter la distance main d’arc, main de déco comme plus courte.

Or, cette posture a pour conséquence de solliciter à la fois le court biceps et le petit pectoral. Ces deux muscles (ou faisceau pour le pectoral) s’insèrent au niveau d’une excroissance de la l’omoplate (l’ apophyse coracoide) que certains confondent avec la clavicule tellement cette excroissance est située à l’avant.

Donc à force soit d’ouvrir l’arc hors axe des épaules pour aller directement aux repères faciaux, ou bien de tenir l’arc toujours hors axe, les muscles tirent sur les tendons et la douleur s’installe très vite. Et si on y prend garde la tendinite pointe son nez

A ce stade, où après quelques entraînements et environ 500 flèches de lâchées, si une douleur localisée persiste après 48h du dernier entrainement, alors c’est que les tendons sont sollicités outre-mesure. Il faut se faire aider si possible de professionnel pour cibler le remède, mais changer d’allonge d’1/2in (lettre de module GTX, Cam&1/2+) permet de valider l’origine du problème.

Le cassé de bras

Comme je l’ai mentionné en introduction, des archers de haut niveau, pratiquent une forme de sous-allonge d’une autre nature. Je la qualifie de sous-allonge par rapport à ce que l’allonge serait si l’archer tendait le bras et l’avant-bras tout en gardant les mêmes repères faciaux.

Tout d’abord c’est une posture de visée une fois les repères faciaux pris, c’est—à-dire en autre que l’armement se fait avec le bras tendu dans l’alignement des épaules. La corde passant en bout de nez dans le cas de Jesse.

Mais alors, cette posture n’est pas naturelle concernant la ceinture scapulaire et sollicite des muscles du dos sur l’omoplate pour tenir la flexion (si on lache a la limite l’avant bras se referme sur le bras illico) en plus du deltoïde, le musque la coiffe de l’épaule. Donc, cette posture demande une musculature spécifique et pourra générer des douleurs dans le dos et les cervicales.

Donc cette posture ne peut convenir qu’en la combinant avec un gainage spécifique de l’épaule et cela en toute connaissance de causes. A la moindre alerte, il faut revenir à une posture qui fait travailler "naturellement" les articulations.

Dernière chose, cette posture incite l’archer à poser sa main dans le grip de manière verticale ce qui n’est pas non plus sans conséquence sur les osselets et le coude.

Conclusion

Dans cet article, j’ai donné quelques pistes de réflexion sur le diagnostique de douleurs persistantes pouvant être liées à une sous-allonge. L’usage du "cassé de bras" peut être tenté si l’on préfère des repères faciaux "vers l’avant du faciès" et une recherche de sensations de confort. Mais cette posture ne fait pas fonctionner la ceinture scapulaire naturellement, et donc demande une musculature appropriée. En tout état de cause, la moindre douleur persistante au delà de 48h après le dernier entraînement doit être le signe d’alerte pour reconsidérer un changement de posture.

Bon tir !


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